La Tribune - édition du 22/02/2002

Les dossiers de candidature devront être remis officiellement en 2005. Les grandes entreprises de Haute-Savoie se mobilisent pour encourager Annecy à se présenter.

"A trois reprises, les jeux Olympiques ont été accueillis dans les Alpes : à Chamonix en 1924, à Grenoble en 1968, à Albertville en 1992. Pourquoi pas à Annecy en 2014 ?", s'interrogeait Philippe Lebeau en 1998, alors qu'il était à la tête de la jeune chambre économique d'Annecy.

Depuis, l'association qu'il préside "Olympliquons-nous" a recruté plusieurs centaines de supporters, conduit une première enquête d'opinion et démarré une active campagne de lobbying pour rallier au projet le monde sportif, politique et économique régional et national. Des sportifs de renom, à l'exemple des médaillés olympiques Edgar Grospiron et Florence Masnada, ont rejoint l'association.

Elle vient de recevoir le soutien appuyé de grands groupes industriels haut-savoyards : les dirigeants de Tefal, PSB Industries, Mobalpa, Entremont, Salomon, Somfy, Sopra, Evian, Maped, Dynastar, ST Dupont se sont ainsi engagés à mobiliser leurs équipes en marketing, finance et stratégie pour épauler le travail de l'association.

Savoir-faire. "L'implication des leaders économiques de la région, très en amont de la candidature, constitue une première depuis les débuts de l'olympisme", dit Philippe Lebeau. Il met en avant les atouts de la Haute-Savoie, qui légitiment à ses yeux une telle candidature : une grande culture sportive, une situation géographique idéale au coeur des Alpes, des stations de sports d'hiver de renommée internationale et des infrastructures sportives et touristiques importantes. Sans oublier un véritable savoir-faire dans l'organisation de grands événements internationaux comme le Festival international du film d'animation à Annecy, des Coupes du monde de ski ou la Coupe du monde de VTT.

Si le règlement olympique impose que la candidature soit portée par une ville en l'occurrence Annecy, choisie pour sa desserte autoroutière et sa position géographique à la fois proche des sites et à mi-chemin entre les aéroports de Lyon-Saint-Exupéry et Genève -, la candidature "ne pourrait s'inscrire que dans un projet départemental", affirme le maire d'Annecy, Bernard Bosson (UDF).

Equipements en place. Philippe Lebeau, qui souhaite mobiliser plus largement les Pays de Savoie, évoque la possibilité d'utiliser les équipements déjà construits pour les JO d'Albertville et dont le coût est le plus lourd à supporter, comme le tremplin de saut de Courchevel et la piste de bobsleigh de La Plagne (38 millions d'euros investis). La candidature, si elle était retenue, pourrait également activer des travaux d'aménagement, aujourd'hui difficiles à débloquer, comme par exemple le barreau autoroutier de l'A41 entre Annecy et Genève.

Les candidatures officielles devant être déposées en 2005, il reste trois ans aux Haut-Savoyards pour faire prendre corps à leur rêve.

Hélène Goyet, à Grenoble

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